Suivez les aventures d'Athanor et de Sulfure dans le Cube !

Le Forgemânes

LitRPG

Le Forgemânes

▶ Un LitRPG de fantasy sombre où la magie se programme
Dans un monde gouverné par la Matrimère, les Forgemânes façonnent la réalité à l’aide de Pneumatabs, des tablettes gravées de lignes de commande.

▶ Progression, niveaux et feuille de personnage intégrée
Athanor gagne de l’expérience, débloque des compétences, affronte des donjons structurés et évolue selon des règles claires, visibles pour le lecteur.

▶ Donjons, quêtes et exploration du Cube
Chaque niveau du Cube impose ses propres lois, ses pièges et ses révélations, dans une progression méthodique vers le cœur du système.

▶ Craft, objets interdits et magie technologique
Forger des artefacts, détourner des matériaux proscrits, hacker les limites imposées par le monde : ici, la création est une arme.

▶ Un duo inattendu et un mystère central
Sulfure, une Forgemâne morte lors d’un bug de Pneumatab, vit désormais dans la tablette d’Athanor — et semble en savoir bien plus qu’elle ne le devrait.

▶ Pour les lecteurs de LitRPG, GameLit et fantasy de progression
Si vous aimez les systèmes, les mécaniques visibles, les donjons et la montée en puissance, Le Forgemânes est fait pour vous.

À DigiForge, mégapole régie par la Matrimère, rien ne se crée sans autorisation.
Athanor est un ForgeCodeur de bas niveau, condamné à obéir aux lignes de commande inscrites dans sa Pneumatab. Son travail – sa dernière chance d’être utile à son monde – ne durera pourtant que quelques heures. Involontairement, il utilisera une commande interdite et tout bascule. Il déclenche une suite d’événements que le système n’avait pas prévus. Quoique.
Banni de DigiForge, traqué par les règles mêmes qui structurent le monde, Athanor est envoyé dans le Cube de Métatron, monde semi-virtuel dont le premier niveau ressemble fort à un donjon.
Beau, mais pas très éveillé, Athanor, à 16 ans, ne possède rien qui lui permette de survivre dans le Cube. Rien, à part... l’esprit d’une ForgeCodeuse morte à cause d’un bug. Ou de son comportement. Railleuse, moqueuse, elle parle beaucoup. Beaucoup trop. Mais elle connaît également beaucoup de choses.
Pour survivre, Athanor devra hacker ce qui ne devait jamais l’être, explorer les cercles du Cube de Métatron, et comprendre les secrets enfouis le code.
Chaque ligne de code est un risque.
Chaque choix a un coût.
Mais certains systèmes n’aiment pas être compris.
Et plus il s’approche du centre, plus une question devient impossible à ignorer :
Qui forge réellement ce monde ?
Le Forgemânes est un roman de fantasy LitRPG, mêlant progression, systèmes, UI, codage informatique magique et mysticisme technologique (et de l’humour).
Le premier tome d’une série où le code est une religion, et la création, un acte de rébellion. DOS, AMIGAOS, LINUX… le langage informatique s’invite dans le quotidien du héro.
Forgemânes— quand la magie s’écrit en lignes de commande.

ASIN : B0GMWP46SW

Nombre de pages : 361 pages

Date de sortie : 18 février 2026

Disponible dans les abonnements Kindle et en broché

> ¦ [1]

Le jour ne se levait jamais sur le monde de DigiForge. L’écran qui servait de ciel épousait parfaitement le champ de vision des habitants et affichait ce que les fonctionnaires attachés à la gestion du climat décidaient chaque matin. Il arrivait que ceux-ci, en retard ou distraits, oublient de dicter la ligne de code à leur Pneumatab, ce qui avait pour conséquence de laisser le ciel tristement gris, sur lequel défilaient à grande vitesse des nombres, parfois agrémentés de dessins de géométrie sacrée. Le ciel – ou les cieux comme le chantaient les Streambardes – était la seule variable que les habitants voyaient se modifier chaque jour. Le reste de leur monde était inscrit dans la mémoire morte de la Matrimère et ne pouvait être modifié. Ce qu’ils voyaient était exactement ce que le Code voulait leur montrer, sous l’apparence unique prévue et voulue par la Matrimère, leur créatrice.

Les habitants savaient que leur monde était défini par des milliards de lignes de codes exécutées par une puissance supérieure et qu’elles définissaient – faisaient exister ! – leur univers, y compris leur corps, y compris leur environnement.

Dans sa grande bonté, la Matrimère leur avait fourni la capacité de créer, grâce aux Pneumatabs, élevant ainsi ses créatures au rang de petits dieux, ou sous-dieux comme le raillaient les rebelles au système. Mais comme toute bonne mère, elle leur accordait une permission de création limitée par des listes de commandes et de matériaux qu’elle-même avait définies. Ainsi, les Pneumatabs de niveau 1 servaient à créer tous les objets du quotidien, mais sans plus.

> Ainsi était codé le monde d’Athanor Albedo

Une sonnerie stridente retentit. Je me réveille en sursaut à cause de la Vigialarme de l’appartement. Je pousse un grognement de dépit, car mon rêve était plutôt agréable et je regrette amèrement d’en être tiré de force. Le rêve était en effet agréable : je me trouvais en train de batifoler en petite tenue avec quelques jolies filles de ma classe. Le réveil est brutal et décevant, car ce qui m’attend aujourd’hui se situe très loin de cette scène. De plus, je déteste être réveillé en sursaut, car ça me file un mal de crâne pour toute la journée. D’habitude, j’enfouis ma tête sous l’oreiller pour ne plus entendre l’alarme, et je réussis à dormir quelques minutes de plus… jusqu’à ce que ma mère intervienne, à grand renfort de menaces, hurlements et taloches en pleine poire.

Mais aujourd’hui, c’est différent. Un événement me motive à me bouger les fesses. Je me lève en vitesse et tandis que je m’habille, je tente d’imaginer à quoi va ressembler la journée qui devrait être la plus extraordinaire de ma vie. Pour commencer, pour la première fois depuis mes 6 ans, ce n’est plus une journée de classe qui m’attend. Par miracle, je vais commencer un travail et de ce fait, obtenir ma première Pneumatab !

Je résiste à l’envie de hurler ma joie, car je n’ai pas envie d’entendre ma sale peste de frangine venir la gâcher par ses lamentations. Elle prend un malin plaisir à réduire en poussière mes plus belles expectations. Je croise le regard de ma mère qui me fixe avec un petit sourire en coin.

— C’est la dernière fois que je te prépare ton petit-déjeuner ! Profites-en !

J’opine du chef en faisant la grimace, indécis quant à ce que je ressens. Étrangement, je suis impatient de devenir un citoyen et de pouvoir commencer à forgecoder, mais le futur qui en découle me terrifie un peu. Il faut bien avouer que je ne suis pas dans le haut du panier, au niveau intellectuel. Je suis de taille moyenne et mince à tendance maigre. Mon visage et ma personnalité semblent plaire… les gens me trouvent séduisant et j’attire facilement les sympathies, mais ça s’arrête là. Au vu des capacités de mon cerveau, je nage la plupart du temps dans un océan d’incompréhension. Mes neurones font relâche de jour comme de nuit, il faut bien avouer. Est-ce à cause de cela que je n’attire pas l’attention des filles ? Me trouvent-elles mignon, mais un stupide ?

Bref, je passe inaperçu aux yeux de tous… sauf quand je fais une connerie. Je ne suis pas trop maltraité par mes camarades de classe, mais régulièrement puni par mes professeurs qui n’ont jamais vu en moi autre chose qu’un paresseux et une tête de linotte. Moi, Athanor, je suis un adolescent moyen, mais alors tout ce qui a de plus moyen, et je m’oblige à ne pas voir en mon futur qu’un long tunnel obscur.

Tandis que je reprends pied dans la réalité, j’entends le podcast des Streambardes officiels. Musique électronique, chants à la gloire de la Matrimère, le programme n’est pas très varié, mais c’est le seul autorisé. Il arrive que des rebelles au système diffusent des textes interdits, mais ils ne durent jamais très longtemps. J’imagine que les DigiNerds au service de notre Mère à tous les bloquent aussi vite que possible.

DigiCitoyen, tu vis grâce à qui ?

Qui te nourrit ? Qui te fournit un travail de rêve ? Qui te donne un toit ?

Qui ? Qui ? Qui ?

— La Matrimère ! s’écrie ma sœur, J-Peggy, qui adore cette chanson.

— Tu veux manger quoi ?

— Des œufs au bacon, s’il te plaît !

— Copieur ! lance ma peste de frangine.

Je hausse les épaules et je regarde ma mère ouvrir le frigidaire et approcher de son visage la Pneumatab qui est greffée à son bras gauche. Sa voix chantonne dans le micro incorporé.

A:\>DIR FORGE\RECETTES\

Ma mère plisse les yeux et parcourt du regard son écran brun, puis elle lance la commande suivante :

A:\>FORGE ŒUF_BACON / œufs 2 / bacon 1/ huile 1ml / sel 1gr

La poêle disposée sur les plaques se met à grésiller et deux secondes plus tard, les œufs sont prêts.

— Voilà ! dit ma mère en me tendant l’assiette. Demain, c’est toi qui les prépareras. Tu vis tes derniers moments d’assisté ! À toi la vie d’homme mûr !

Sa voix tremblotante trahit ses paroles. Je sais qu’elle regrettera de ne plus pouvoir nourrir son fils. Pour ma part, je regarde avec envie non pas l’assiette fumante, mais la Pneumatab à l’écran brun. Je soupire d’aise.

« Sous peu, j’aurais la même ! Enfin ! »

Tous les adolescents reçoivent le jour de leurs seize ans le même modèle, la version 1, nommée « Pneumatab Argile de brume ». Le modèle suivant, la version 2, la « Pneumatab Plomb de glace » étant réservée à une élite inconnue et à vrai dire, tient certainement plus du mythe que du concret. De solides rumeurs courent sur son existence et certains prétentieux vont même jusqu’à affirmer qu’ils en ont vu une, mais… personne n’est en mesure de décrire correctement la couleur de l’écran de la V2. Moi, je me contenterai volontiers de la version basique, dont l’écran est fait d’une sorte d’argile unique en son genre, que de courageux ForgeMineurs vont chercher dans les tréfonds de la mégapole. La couleur brune rappelle la terre et le toucher en est doux et mou.

— Ils vont te la greffer avec des pinces rouillées, ‘y paraît que ça fait un mal du diable ! rit J-Peggy. Toi qu’es douillet, tu vas morfler !

Je considère ma petite sœur avec dédain et je secoue la tête.

— Je veux bien souffrir, car il paraît que le premier jour, ils te donnent la ligne de commande pour faire disparaître les petites emmerdeuses ! Dès que je rentre, on teste ça, d’accord ?

Je vois avec plaisir ma sœur, âgée de seulement huit ans, ouvrir de grands yeux et me tirer la langue. Elle a beau crâner, son visage trahit cependant un doute sur la véracité de cette promesse.

— C’est même pas vrai, murmure-t-elle en cherchant une confirmation auprès de notre mère. Hein, dis, maman ?

— Mais non, ma chérie. Mange et va te préparer pour l’école.

J’avale mes œufs en ricanant. J’aimerais bien posséder une telle commande, mais je sais déjà qu’elle n’existe pas, malheureusement. Tous les utilisateurs savent que les Pneumatabs sont bridées et que les seules commandes que nous sommes autorisés à lancer sont celles inscrites dans un fichier de référence, gravé dans la mémoire morte des Pneumatabs.

— C’est un bon poste, j’en suis certaine, dit ma mère d’une voix qu’elle voulait assurée. Une chance unique qui t’est offerte… pouvoir travailler à la Forge alors que tu n’as obtenu que 25 points sur 50 à ton examen de fin d’études…

Je sens le rouge de la honte – et une certaine colère – envahir mon front. Je n’aime pas qu’on me rappelle ma médiocrité, même si elle est bien réelle.

— 25, c’était la moyenne ! Ce n’est pas moi qui fixe les règles ! 25 points étaient suffisants et je ne vois pas ce que cela m’aurait apporté d’en obtenir davantage !

Deux larmes pointent aux coins des yeux de ma mère. Je sais que c’est une femme forte et solide, qui a élevé ses deux enfants toute seule en travaillant comme ForgeCousette dans les usines de vêtements de DigiForge. Son mari, mon père… eh bien, il est mort peu après sa première grossesse, dans un des nombreux et réguliers accidents qui surviennent chez les ForgeMineurs. Un gisement d’Argile de brume, une galerie mal étançonnée qui s’écroule… rien de bien glorieux et malheureusement rien de bien inhabituel. Ses compagnons n’ont retrouvé que sa casquette et la Matrimère, dans sa grande bonté, a versé 1024 crédits à la jeune Anaphora, désormais veuve et mère de deux enfants.

Depuis, on vit tous les trois, et je suis le seul homme à la maison. Égoïstement, je suis assez content que personne n’ait remplacé mon père. Même si je ne l’ai pas connu, je ne verrais pas d’un bon œil un homme partager le lit de ma mère.

Je sors de mes pensées pour découvrir ma maman en train de pleurer. Cela ne me surprend pas, car je sais pourquoi. Ça me fait mal au cœur, mais je sais qu’elle perd espoir – un peu plus chaque jour – de voir son fils grandir, sans volonté, sans grande intelligence, sans réelles capacités. Elle doit prier la Matrimère de bien vouloir me conserver dans le seul poste que je ne trouverai jamais. Comme si elle avait deviné mes pensées, elle me regarde droit dans les yeux et agite son index sous mon nez.

— Ne te fais pas renvoyer de la ForgeMère. Non, ne te fais pas renvoyer, je t’en supplie !