
Un Western épique, aux personnages hors du commun, à la destinée tragique et belle ! De l'action, des rebondissements, des drames, une aventure qui marquera le lecteur au fer rouge
Dieu ne te pardonnera pas…nous non plus !
La vie de Sallow Vulgamore était tracée, entre le Saloon de ses parents et la vie ennuyeuse de la petite ville de Silver City. Mais un soir, un évènement le conduit à sauver Trinidad, une fille de quatorze ans, des mains de ritualistes, ce qui fera de lui l’homme le plus recherché de l’état du Nebraska. Il connaîtra ainsi l’humiliation de la prison et d’un procès. L’intervention de Mendoza, un homme au statut unique de juge-bourreau, changera à tout jamais la vie de deux jeunes gens.
Trinidad et Sallow n’auront de cesse que de tenter de contrecarrer les plans maléfiques d’un pasteur fou, au mysticisme exalté, à la tête d’une secte religieuse qui viole et sacrifie des jeunes filles au nom de la communion avec Dieu.
Qui est ce pasteur ? Qui sont les juges-bourreaux ? Que deviendront Trinidad et Sallow ?
Les juges-bourreaux
Roman d'aventures
Les juges-bourreaux
Dans le royaume d'Arnaut II la paix et la justice règnent, mais l'histoire réserve souvent des surprises et le pays tombe dans un chaos jusque là inconnu. A son retour de mission secrète, Amaury et les deux redoutables beautés orientales qui l'accompagnent découvrent un pays désolé où la sauvagerie tente de reprendre ses droits et de lourds complots assombrissent le royaume. Mais c'est sans compter sur le courage et la détermination d'Enguerrand et Valentin, ses mystérieux compagnons d'armes, les Dagues du roi, qui vont le rejoindre lui et ses deux demoiselles. Ensemble, ils vont œuvrer pour le retour de la sécurité et de la vérité sur les terres de Gallia. Dans un monde imaginaire et un Moyen-Âge rêvé, Nicolas Pellolio nous offre un récit d'aventures digne des grands romans de cape et d'épée, sans un instant de répit qui nous emporte loin du quotidien. Vivez les aventures d’Amaury, Khadija et Samira, à la recherche de leur destinée !


ISBN : 979-8299331844 ou ASI : B0FNK9S6NK
Nombre de pages : 466 pages
Date de sortie : 23 août 2025
Disponible dans l'abonnement Kindle
Lire un extrait - Chapitre 1
Silver City (Nebraska), juin 1882
La journée s’achevait tranquillement sur la petite ville de Silver City. Une douce brise soulevait la terre et la poussière de la rue, créant de minuscules tourbillons opaques qui aveuglaient les passants. Parmi eux, Sallow Blackwell, qui, du haut de ses vingt ans, son Derby vert solidement enfoncé sur son crâne, avançait lentement, une main en visière, un rictus sur les lèvres. Il ne regardait même plus les édifices de deux étages – tous en bois – qui défilaient le long de la rue principale faite de terre rouge. Il était né dans cette ville, avait grandi dans cette ville et il comptait bien ne pas y crever.
Silver City était une petite ville tranquille, qui maintenait une moyenne de 400 habitants depuis sa création, il y avait de cela une vingtaine d’années. Bourgade champignon qui avait poussé en trois jours grâce à un chercheur d’or qui pensait avoir trouvé le filon de sa vie. Mais après quelques jours et des dizaines de mines forées dans les montagnes, il s’était avéré que le filon d’or était minime, mais qu’une importante quantité d’argent se trouvait enterrée là. Les chercheurs d’or s’en allèrent, mais d’autres prospecteurs, aux ambitions plus modestes, s’installèrent et créèrent Silver City. Depuis, la ville vivait de la vente de lingots d’argent, fondus sur place dans sa grande forge.
Sallow traversa d’un pas lourd la rue principale, la tête baissée, l’humeur assombrie par ce qui l’attendait. Ses parents tenaient l’unique saloon de la ville et Sallow y faisait le service deux fois par jour. À cette heure-ci de la journée, les mineurs n’allaient pas tarder à rentrer se laver avant d’aller se saouler dans l’unique lieu où légalement ils pouvaient le faire. Le jeune homme espérait ce soir-là obtenir une réponse du shérif au sujet d’une place d’adjoint. Poste, qui, il l’espérait, allait lui permettre de ne pas finir ses jours à servir des bières et des assiettes de ragoût.
— Hé, Sallow, dis à ton père que je livre son quartier de bœuf dans moins d’une heure !
Tiré de ses rêveries, le jeune homme tourna la tête vers l’échoppe du boucher, qui avait pris l’habitude de débiter sa viande sur un étal devant son magasin. Il espérait ainsi donner envie aux clients d’acheter son bœuf qui séchait toute la journée au soleil. Pour sa part, Sallow estimait que l’odeur de la viande faisandée repoussait au contraire les clients.
— C’est entendu, Brice, merci !
« Encore une soirée à servir ces maudites bières », grommela-t-il en voyant se dessiner le hélas trop familier saloon. Le débit de boisson était un établissement en rondins de bois, d’allure solide et bien entretenu. Au-dessus de la porte d’entrée, sur un immense panneau en bois peint, figurait le nom « Silver B ». La lettre B pour leur nom de famille : Blackwell. Le bâtiment s’intégrait parfaitement au style architectural de l’endroit. Situé au beau milieu de la grande rue, il était idéalement placé pour attirer le mineur assoiffé.
Sallow entra dans le saloon, encore désert à cette heure, pour y être chaudement accueilli par son père, qui se tenait derrière le comptoir.
— Ah, fiston ! Ferme la porte et viens par ici que je te montre comment couper très légèrement la bière pour gagner quelques décilitres au litre !
Se retenant de lever les yeux au ciel, Sallow regarda son père, un solide quadragénaire aux moustaches aussi épaisses que son cerveau. Le jeune homme adorait ses parents, mais il sentait bien qu’avant ses vingt-cinq ans, il partirait pour ne jamais revenir, et ceci sans regret. Mais pour l’instant, l’air joyeux et fier de son daron le convainquit de ne pas se plaindre. Après tout, il avait un travail et un toit, ainsi que deux parents aimants. C’était bien plus que la majorité des jeunes gens de son âge dans l’état du Nebraska.
— J’arrive, papa, j’arrive, dit-il en soupirant.
Sallow n’avait jamais su si son père faisait exprès de ne pas remarquer son air dépité ou s’il ne pouvait concevoir que son fils ne se sentît pas à sa place. Sa mère, désirant plus que tout un foyer de félicité et de douceur veloutée, noyé dans des pétales de rose, estimait qu’ils avaient de la chance d’avoir un travail honnête qui leur permettait de vivre correctement et refusait catégoriquement de laisser un nuage noir assombrir leur vie. Le prêtre itinérant qui s’arrêtait de temps à autre dans la ville n’était pas étranger à cette vision des choses, ou plutôt à ces œillères qui bouchaient la vue de madame Blackwell.
— Regarde vite ! lui ordonna son père, les clients ne vont pas tarder ! Tu prends le pichet de bronze, tu le passes dans la bassine d’eau pour le rincer, mais tu en laisses un fond !
— D’eau sale ? demanda Sallow l’air dégoûté.
Son père le considéra d’un air étonné.
— Comment ça, sale ? Pas du tout, c’est de l’eau du puits et la bassine ne sert que pour rincer les pichets de la bière délaissée par les clients.
Sallow secoua la tête, désireux d’en finir au plus vite.
— J’ai saisi, papa. Tu en laisses un peu au fond et tu remplis rapidement le pichet au tonneau avant que le client ne le remarque. Ainsi on économise un ou deux décis par service.
— Bravo, fiston, t’as tout compris ! lança son père, fier de l’intelligence de son fils.
— J’ai toujours dit que tu étais un homme intelligent, dit sa mère en sortant de la cuisine. Une odeur de viande mijotée envahit subitement la pièce, faisant saliver le jeune homme. Sa mère sourit et regarda tendrement son fils tout en s’essuyant les mains sur son tablier.
— La casserole rouge arrive à point. Va la sortir du feu et prends-toi une belle assiette, mon chéri.
Sallow ne se fit pas prier et fila en cuisine tandis que son père, encore guilleret de sa trouvaille, en faisait la démonstration à sa femme.
Une bonne heure plus tard, la salle était pleine, enfumée et bruyante. Sallow naviguait entre les tables, les bras chargés de pintes de bière, de verres de whisky et d’assiettes fumantes. La réputation du rôti mijoté de sa mère n’était plus à faire et les gens consommaient volontiers une assiette de bœuf en sauce accompagné de pommes de terre au romarin pour caler l’alcool fort qu’ils allaient biberonner toute la soirée. Le jeune Blackwell était en sueur, la chemise trempée et sale de la bière renversée, de la sauce brune et de la cendre des cigarillos, cigares et pipes que pratiquement chaque client avait à la bouche en permanence. Certains poussaient le vice jusqu’à manger leur ragoût, le cigare collé entre les lèvres.
— Merci, mon gars ! dit le shérif Blanco en considérant avec un plaisir intense la chope de bière mousseuse posée devant lui.
— Shérif ? À propos de ma…, commença Sallow en parcourant la table du regard. Il s’interrompit, car une grimace attira son attention. Brad, l’adjoint du shérif, était assis en face de son patron, un petit sourire aux lèvres, et à côté de lui se tenait le détestable Clem, souriant lui aussi. Sallow fronça les sourcils quand il comprit qu’ils se moquaient de lui.
— Qu’y a-t-il ? demanda-t-il sur la défensive.
— Oh, rien, rien, fit Brad d’un air faussement détaché.
— Tout va très bien, même, ajouta Clem en pouffant.
Sallow connaissait un peu ces deux jeunes hommes et ne les fréquentait que le moins possible. C’étaient deux idiots, d’une crétinerie confinant à la consanguinité. Arrogants et stupides étaient les qualificatifs qui venaient à l’esprit quand on les voyait, vicieux et méchants étaient ceux qui s’imposaient quand on les connaissait.
— Si, Brad, répondit Sallow. Je vois bien que tu te fous de moi.
— Moi ? Quelle idée ! Mais… j’ai entendu dire que tu avais fait une demande pour être adjoint du shérif ?
— Je n’ai pas envie d’en parler avec vous.
— Ah ? C’est dommage… car les deux seuls postes sont déjà pris par Clem et moi !
Les deux adjoints éclatèrent de rire tandis que le shérif levait à regret les yeux de sa bière. Il s’adressa à Sallow sans pour autant le regarder.
— Oui, euh, j’suis désolé, Sallow. Clem… tu comprends… mérite qu’on lui donne sa chance… et…
Dévasté, Sallow comprit pourquoi Clem se moquait de lui. Il y avait eu deux postes d’adjoint à pourvoir, Brad avait pris le premier – Dieu sait comment – et Clem venait d’accaparer le deuxième… celui-là même que Sallow convoitait.
À peine plus âgé que lui, Clem avait été nommé adjoint par pur népotisme. Neveu par alliance du shérif, il avait été promu à ce poste sur l’insistance de ses parents, ravis de s’en débarrasser. Redoutant que leur rejeton improductif finisse dans une cellule, ils pensaient que le poste d’adjoint lui donnerait une chance de rester libre. « À côtoyer le monde du cachot, autant qu’il en ait les clés », avait déclaré son père après son cinquième verre de whisky.
— Et elle vient, cette bière ? demanda Clem d’un air sérieux.
— Mais vous m’aviez promis que cette année, je pourrais travailler avec vous, Shérif ! Vous savez que je possède toutes les qualités pour faire un bon adjoint !
Blanco se plongea dans l’étude de la mousse de sa chope, tandis que Clem et Brad tapaient du poing sur la table.
— Hé, serveur ! Deux bières et au trot ! s’écria Clem.
— Ah, le petit personnel de nos jours…, ajouta Brad d’un air exagérément peiné.
Sallow ne les écoutait déjà plus. Il était comme pétrifié, debout, son plateau à la main. Le bruit assourdissant de la salle lui parvint à travers du coton et sa vue se brouilla. Il fila comme un automate, sans entendre les commandes des clients. Il déposa le plateau sur le bar et balbutia un « je vais aux toilettes ».